L’adolescent et son image dans le regard de l’autre.

[…] A l’adolescence , à l’instar de la période de la petite enfance, le sujet va s’identifier par un mécanisme de captation imaginaire du double. La relation à ce niveau s’établit grâce à un élément média, qu’il s’agisse de l’image spéculaire (le modèle, le petit autre) ou du symbole (langage, places et rôles) ou de l’idéal (Autre comme idéal du moi). Le regard a son importance à ce stade, puisque c’est lui qui à la fois conduit le sujet vers ses identifications imaginaires et symboliques. Mais il a aussi son importance en tant que reste de la pulsion scopique, à cette place il introduit le sujet à l’objet du désir. La fonction du miroir est donc sollicitée chaque fois que l’Autre nous est nécessaire pour avoir accès à quelque chose de nous- même et qui nous est inaccessible. La fonction miroir sous-tend toute l’instauration des rôles et statuts sociaux. C’est le regard d’autrui qui nous confère notre identité à l’origine, ainsi que le plaisir de voir et d’être vu.

La résurgence pulsionnelle qui attaque l’adolescent dans ses idéaux de l’enfance, l’oblige à trouver de nouvelles limitations corporelles et psychiques (Nouveaux fantasmes, nouveaux scénarios imaginaires, nouveaux repères identitaires, nouveaux idéaux), cela relève d’un travail d’imaginarisation du corps, et d’inscription symbolique du désir dans relation à l’Autre définitivement sexué.

C’est ainsi nous voyons certaines adolescentes s’habiller de façon sexy, provocante, comme pour attirer le regard de l’Autre et son désir, comme si elle se faisait objet fétiche, vêtues d’une parure phallique. D’autres se dissimulent sous des vêtements trop longs qui cachent leurs formes, elles voilent leur regard sous des fards fort appuyés ou à l’aide de franges couvrant leurs yeux. Les garçons ne sont pas en reste en mettant en avant leur torse bien sculpté et leurs biceps gonflés en parure virile. Qu’il se voile ou se dévoile, l’adolescent se constitue au travers de l’Autre par le regard. Il se donne à voir et se cache, se fait objet désirable dans la présence et l’évanescence, il se joue du regard comme trace du désir.

Par Dominique Cuny, Psychologue Clinicien, Psychanalyste, Poissy, France
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