Chamanisme, rapport aux ancêtres et intégration transgénérationnelle

Chamanisme, rapport aux ancêtres
et intégration transgénérationnelle

Sagesses traditionnelles et thérapies contemporaines

Par Thierry Gaillard, Olivier Douville, C. Michael Smith, Élisabeth Horowitz, Iona Miller, Myron Eshowsky, Pierre Ramaut

SOMMAIRE
Les Anciens connaissaient le potentiel thérapeutique des liens entre les générations que nous redécouvrons aujourd’hui avec les analyses transgénérationnelles. Loin d’être une nouvelle mode, la reconnaissance des processus transgénérationnels remonte à l’époque des premières collectivités de type chamaniques. Leurs méthodes pour guérir « la maladie des ancêtres » offrent aux thérapies contemporaines des références historiques aussi essentielles que riches d’enseignements.

L’intégration transgénérationnelle offre un terrain d’entente aux échanges entre les savoirs traditionnels, chamaniques et les approches thérapeutiques actuelles. Un nouveau domaine qui favorise autant l’enracinement des pratiques contemporaines que le renouvellement des sagesses ancestrales. Avec le concours de spécialistes de différents horizons, cet ouvrage collectif présente un large spectre de perspectives qui marient les connaissances traditionnelles et modernes.

TABLE DES MATIÈRES

  1. Introduction, par Thierry Gaillard.
  2. La psychanalyse transgénérationnelle et le chamanisme pour guérir des fantômes, par Pierre Ramaut
  3. Se séparer des morts, construire l’ancêtre, par Olivier Douville
  4. Dix rituels primitifs pour guérir l’arbre généalogique, par Élisabeth Horowitz
  5. Les histoires sans fin : guérir les traumatismes transgénérationnels collectifs, par Myron Eshowsky
  6. Les portes chamaniques : Arbre de famille et guérison transgénérationnelle, par Iona Miller
  7. Sophocle, psycho-chaman d’avant-garde, par Thierry Gaillard
  8. Transmission et psycho-chamanisme, Interview de C. Michael Smith

LES AUTEURS

  • Olivier Douville est psychanalyste et anthropologue, maître de conférences à l’Université de Paris 10 Nanterre et Paris 7 Denis-Diderot.
  • C. Michael Smith est analyste jungien, chaman cherokee, docteur en anthropologie médicale, directeur de Crows Nest Center au Michigan.
  • Élisabeth Horowitz est thérapeute en psychogénéalogie et thérapie brève, conférencière et auteure de nombreux ouvrages.
  • Iona Miller est thérapeute, artiste et consultante.
  • Myron Eshowsky est médiateur international, auteur et chaman.
  • Pierre Ramaut est psychanalyste transgénérationnel.
  • Thierry Gaillard psychologue des profondeurs, auteur d’une nouvelle thèse sur le mythe d’Œdipe.

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EXTRAIT

Un homme sans ancêtres est,
comme un arbre sans racines,
ou une rivière sans source.

Par Thierry Gaillard

Les Anciens et les cultures traditionnelles accordaient beaucoup d’importance aux liens entre les générations et aux rapports aux ancêtres. Ces échanges reliaient la collectivité à ses racines et à ses origines – symboliques et mythologiques. Lorsqu’ils étaient harmonieux, ces liens garantissaient l’équilibre de la collectivité dans son ensemble ainsi que pour chacun de ses membres. Et lorsque ces liens se perdaient, les chamanes étaient sollicités pour les rétablir et guérir les symptômes que cette perte avait provoqués.

Le potentiel thérapeutique et l’importance des liens entre les générations et aux ancêtres ont été redécouverts dans de nombreuses approches thérapeutiques contemporaines ; psychologie des profondeurs, psychanalyse transgénérationnelle, thérapie familiale, psychogénéalogie, épigénétique, etc. Aujourd’hui nous distinguons notamment les transmissions conscientes entre les générations, dites « intergénérationnelles », des transmissions inconscientes, dites « transgénérationnelles », lesquelles réclament une guérison ou un travail thérapeutique, c’est-à-dire une « intégration transgénérationnelle ».

Comme l’expliquent les auteurs de cet ouvrage collectif, les Anciens géraient de multiples manières ces transmissions, ou héritages transgénérationnels. Le culte des ancêtres, par exemple, entretenait la mémoire et la transparence des histoires de famille pour empêcher que des héritages inconscients ne viennent affecter (ou aliéner) les descendants. Martin Duffy explique que : « Dans les traditions chamaniques, la personne n’est pas seulement comprise en tant qu’individu, elle est connectée à un réseau social et reliée à sa lignée familiale. Dans cette perspective, la guérison ancestrale est très importante dans le chamanisme. La science est en train de découvrir cela dans le domaine de l’épigénétique, qui montre que nous héritons de caractéristiques physiques et beaucoup plus puisque même des générations plus tard, nous héritons des souvenirs de traumatismes qui peuvent se manifester dans nos vies actuelles. Dans le chamanisme nous retournons vers nos ancêtres pour découvrir la puissance de notre lignée. Nous guérissons des problèmes hérités, mais il importe aussi de découvrir le pouvoir que nous avons de nos ancêtres. Dans toutes les cultures chamaniques, la collaboration avec les ancêtres est extrêmement importante. »  (ref. Martin Duffy (2015), « Ancient Wisdom, Modern Medicine », Network Irland Magazin, issue 93, Robinstown)

Le culte des ancêtres remonte loin dans le temps, avant même les religions. Il était très répandu en Asie, en Afrique, et même en Europe, et s’inscrivait dans un désir d’harmonie globale. Lorsque cette harmonie n’est pas respectée, le déséquilibre peut être néfaste pour l’homme comme pour le reste de la création. Ainsi, le totémisme de la tradition spirituelle africaine ne concerne-t-il pas seulement les hommes, mais aussi les autres créations, animales et végétales notamment.

Rien d’étonnant donc à ce que les anciennes coutumes aient divinisé leurs ancêtres, ou en aient promu certains au rang d’intercesseurs auprès des divinités, leur attribuant quelques fonctions particulières : favoriser la régénération biologique par leur intervention dans les naissances et une action sur la fertilité du sol ; garantir l’ordre moral et social ; protéger leurs descendants auxquels ils assurent paix, santé, bien-être et qu’ils avertissent par présage ou par oracle. 

Bien plus que nous ne le sommes aujourd’hui, ces sociétés traditionnelles étaient conscientes de leurs origines et des histoires de vie de leurs ancêtres. Cette mémoire permettait aussi et surtout de reconnaître le passif hérité des aïeux afin d’éviter de répéter les mêmes erreurs, et d’en guérir. Les grands auteurs n’ont eu de cesse de nous rappeler l’importance du transgénérationnel, comme Gustave Flaubert, « bien des choses s’éclaireraient si nous connaissions notre généalogie ». Clarifier son arbre généalogique, les conflits restés ouverts, et les manques de transmission dans les générations qui nous ont précédés, c’est reprendre une fonction active d’intégration. À défaut d’être conscients de nos héritages transgénérationnels, profitables et/ou affligeants, c’est l’ensemble de nos liens à nos origines, à l’être et à la vie, qui risquent de s’étioler.

Par Thierry Gaillard, Psychanalyste, Genève, Suisse
Membre de Psycho-Ressources:
http://www.psycho-ressources.com/thierry-gaillard.html

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DÉTAILS
168 pages / Ecodition 2016 / ISBN 978-2-940540-18-1 / Format : A5


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