L’écriture spontanée pour mieux relire sa vie

L’écriture spontanée
pour mieux relire sa vie

Marie-Paule Dessaint, Ph.D
Coach d’écriture

Une nuit, j’ai écrit jusqu’à 2 h du matin, puis dès 4 h du matin depuis 2 jours, et j’ai encore beaucoup à écrire. Je vais continuer avec en tête toute la trame et les conseils que vous m’avez donnés (Viriyana F)

Il y a quelques mois, je donnais une conférence sur les bienfaits de la relecture et de la réécriture de vie. Je proposais quelques conseils pratiques pour réaliser cet exercice et je vantais l’efficacité de l’écriture spontanée. Il s’agit en effet d’un moyen efficace d’accéder aux analyses, aux réponses et aux recommandations que notre cortex préfrontal effectue avec plus de clarté, de précision et de vérité que les nôtres qui sont souvent trop rationnelles. Le cortex préfrontal peut aussi traiter en même temps bien plus d’informations que nous et travailler efficacement… pendant que nous dormons.

Une dame a alors raconté qu’en sept années de thérapie, elle n’avait pas réussi à découvrir l’origine de cette insupportable souffrance qui l’empêchait de vivre en paix, avec elle-même et avec les autres. Puis, un jour, elle a relu son journal intime au complet. Quels ne furent pas son étonnement, et même sa frayeur (son expression), de «tomber» sur quelques mots écrits bien des années auparavant qui détenaient la clef de cette souffrance. Cela l’avait effrayée à cette époque, car elle venait de réaliser (dit-elle) que « son cerveau avait trouvé et écrit ce qu’elle cherchait depuis si longtemps sans qu’elle en soit consciente».

COMMENT PROCÉDER?

Avant de se lancer dans l’écriture spontanée, il importe de déterminer ce sur quoi l’on désire travailler : problème à résoudre, décision à prendre, recherche de sens… Cela évite de s’éparpiller, de perdre le fil de nos pensées et notre intention de départ de vue, bien que cela puisse être parfois très fécond!

Qu’est-ce qui me fait souffrir ou me fâche et se répète sans cesse? Qu’ai-je besoin de découvrir pour accepter de changer les choses et m’apaiser? Qui suis-je vraiment lorsque je m’affranchis du regard et de l’opinion des autres? Quel est le fil conducteur de ma vie? Qu’aimerais-je oser dire à « l’autre» alors que je me tais?

L’écriture spontanée exige de s’échapper du tourbillon du quotidien et de s’isoler physiquement et mentalement, aussi longtemps que nécessaire. Cet exercice d’introspection est précédé d’un moment de relaxation ou, mieux encore, de méditation. La méditation est en effet un moyen privilégié par le cortex  préfrontal pour livrer le résultat de ses cogitations, tout comme, d’ailleurs, les rêves, les intuitions, les flashs, les pressentiments et les hésitations.

La main, messagère de nos émotions

Dans un premier temps, je conseille d’écrire à la main puisque notre écriture est influencée par notre état d’esprit et nos émotions. À l’étape de la relecture, nous disposerons alors d’une information supplémentaire : l’effet que nos pensées, nos émotions et nos rêves mis par écrit ont eu sur notre psychisme.

Je suggère aussi de ne pas consulter d’autres textes écrits précédemment et ne pas se laisser ralentir par le désir de bien choisir ses mots et la structure du texte. C’est cette spontanéité qui permet à la pensée de se construire et de se préciser.

Mettre en forme et relire

Quand et comment tout cela a-t-il commencé? Qu’est-ce qui m’empêche de résoudre ce problème ou d’opérer les changements nécessaires (blocages)? Quelle est la chose la plus importante pour moi à cette étape de ma vie? En quoi le regard des autres et ce qu’ils disent de moi influence-t-il l’image négative que j’ai de moi? Suis-je prêt à renoncer à ce qui me fait souffrir même si cela donnait du sens à ma vie?

Il s’agit ensuite de prendre un certain recul avant d’analyser avec détachement ce que l’on a écrit afin de répondre à notre question de départ. Je suggère, par exemple,  de commencer par structurer le texte et l’ordonner selon une chronologie en le divisant en courts paragraphes auxquels on ajoute un titre percutant. C’est l’ensemble des sous-titres qui, avec le recul, apporte souvent la réponse. Mais cela n’est pas indispensable de mettre nos réflexions par écrit.

ENTRE CHAQUE SÉANCE DE COACHING OU DE THÉRAPIE

L’écriture, que ce soit l’écriture réelle ou l’écriture psychologique, c’est une manière, c’est un moyen, une arme, pour reprendre en main son destin. Boris Cyrulnik

L’expérience m’a montré que le fait de demander à mes clients en coaching de recourir à l’écriture spontanée entre chaque séance, leur permet de mieux se préparer et de se concentrer sur l’essentiel.  Ils n’ont toutefois pas à me montrer ce qu’ils ont écrit.

Une cliente me racontait justement à ce propos, qu’elle apprenait bien plus de choses sur elle à partir de ce qu’elle écrivait mais cachait à son thérapeute, que par ce qu’elle lui confiait. 

Marie-Paule Dessaint
Site Web : http://www.marie-paule-dessaint.com

Membre de Psycho-Ressources
http://www.psycho-ressources.com/auteur-ecrivain-essayiste/ile-des-soeurs/marie-paule-dessaint.html


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