Que dire aux enfants suite aux attentats de Paris ?

Que dire aux enfants suite aux attentats de Paris ?

Danielle Perrault, psychologue et auteure de contes psycho éducatifs nous répond.

Je viens tout juste de finir un recueil de trois contes « Contes philosophiques » dont le dernier s’intitule: La vie est injuste. Ce conte est destiné aux adultes. Cependant, certains enfants, à partir de 10 ans, pourront en comprendre l’essence. Il traite de l’injustice, de ce qui se produit dans nos vies, ce que l’on subit et qui est hors de notre contrôle.

Le conte de « L’ennui, ce mauvais génie, » aidera,  après coup, à vivre avec la perte sans qu’elle submerge l’enfant et l’adulte, privés de leurs proches. « Le sac à dos invisible » permettra aux enfants et à leurs parents de ne pas rester pris avec des émotions trop lourdes. Il invite chacun d’entre nous à reconnaître les émotions qui sont les nôtres et à s’en libérer par la parole avant que cela ne devienne un trop lourd fardeau.

Quoi dire aux enfants: sujet vaste car il faut l’adapter à l’âge des enfants. Il faut se rappeler que l’enfant est un récepteur à émotions et que nous en sommes le guide. Nous ne devons pas nier ce que nous ressentons. Nous devons cependant, dégager l’enfant de toutes responsabilités. L’enfant est centré sur lui-même. Il ne connaît de la vie que ce qu’il a expérimenté, sans nécessairement avoir pu en faire de sens car le cortex est un organe qui se développe, il est en construction jusqu’à l’âge de 21 ans. Les études démontrent cependant qu’il se développe toute notre vie durant.

Ensuite, il nous importe de créer un dialogue avec l’enfant. Nous le ferons en s’intéressant à ce qu’il pense en lien avec ce qu’il sent. « Tu en penses quoi, toi de ce qui vient d’arriver ? » L’enfant est un être à part entière qui doit avoir sa place. La famille est le microcosme de la société et c’est là que l’intelligence émotionnelle se développe. Il faut faire, de ce drame, une occasion pour justement la développer, tous ensemble, en famille afin d’outiller l’enfant. Cela peut même devenir un échange rassurant autant pour l’enfant que pour son parent. Exprimer, ensemble, en toute liberté les émotions qui nous submergent et tenter, ensemble, de faire du sens.

Exemple de dialogue: Je viens d’apprendre ce qui vient de se produire. C’est d’une immense tristesse. J’en suis complètement bouleversé, je suis même en état de choc, je ne comprends pas encore tout mais heureusement que nous sommes ensemble. Toi, tu en penses quoi, tu te sens comment? »

Avec des enfants plus vieux, on peut poursuivre: « Je pense  que cela parle du très mauvais système de santé mentale des nôtres. Les gens souffrants qui n’ont pas d’outils pour combattre la souffrance qu’ils vivent se sentent incompris et délaissés. Ils en viennent, pour notre plus grand malheur, à poser d’aussi affreux gestes. Il faut refuser la peur, ne pas la laisser entrer dans nos vies. Nous avons besoin de lumière et d’amour pour traverser ces épreuves et pour qu’elles ne se produisent plus. C’est ensemble, grâce à notre amour que nous réussirons à la vaincre. Nous devrons ouvrir nos cœurs pour faire de la place à cette lumière et c’est comme ça que nous développerons notre force. »

Danielle Perrault, Psychologue et Auteur

Pour en savoir plus sur la création et les objectifs des Nouveaux contes de Perrautl:
http://www.psycho-ressources.com/bibli/lesnouveauxcontesdeperrault.html

Sites web de l’auteur:
http://lesnouveauxcontesdeperrault.com/


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