Aidez votre esprit à rencontrer votre corps !

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Quand nous avons mal, nous essayons de ne pas le sentir

Si nous ne savons pas quoi faire de notre douleur, qu’elle soit physique ou psychologique, nous avons tendance à éviter de la sentir. Même après que le danger est parti, nous continuons à repousser nos sentiments et nos sensations – et pour certaines personnes, cela peut durer TRÈS longtemps. Les enfants par exemple, qui ont moins les moyens de modifier leur environnement ou d’y échapper. S’ils continuent à éviter leurs sentiments, sensations et souvenirs de ce qui les a blessés, ils finissent par se séparer de ces parties douloureuses.

Comme dans l’image ci-dessous, nous essayons ainsi de fuir la partie “sombre” de nous-même. Ces émotions et souvenirs, ainsi rejetés, sont cependant stockés dans notre CORPS. Nos tensions, contractions, agitations, ou, à l’inverse, la perte de tonicité de nos muscles, peuvent provenir de ces expériences passées. Cette stratégie peut fonctionner pendant un certain temps, mais l’énergie qu’elle nous demande finit par être un véritable fardeau. Et chaque situation similaire à ces expériences ajoute son poids d’expérience négative. Si, de plus, nous devons faire face à d’autres types de situations stressantes, notre énergie n’y suffit plus, si nous ne nous occupons pas de ces souvenirs non traités.

Nous pouvons alors ne plus être capables de contenir nos émotions refoulées. Et cela peut déboucher sur de l’agressivité et même de la violence vis-à-vis des autres ou contre nous-mêmes. Cela peut également mener à une dépression, à une maladie, au burnout ou à d’autres symptômes. Cela peut aussi nous maintenir dans une sorte de paralysie, une impossibilité d’agir.

Alors que faire ?

Devons-nous décharger ces émotions ?
Ou bien les exprimer ?
Est-ce que cela peut nous aider ?
Et si oui, COMMENT le faire ?

Certains d’entre nous ont eu la chance d’avoir eu de l’aide pour apprendre à réguler les émotions. Enfants, quand nous avions mal, un parent ou un adulte nous entourait avec gentillesse, nous donnant des mots rassurants, laissant de l’espace pour nos propres mots, ou pour nos pleurs, ou nos cris, ou même nos silences. Si les enfants sont consolés, soutenus, ils s’imprègnent d’un modèle qui prend soin des parties douloureuses en eux. Ce modèle sera encore plus intégré s’ils voient les adultes mettre des mots sur leurs émotions et être capables d’agir pour changer la situation ou leur attitude autant qu’il est possible. Ce contexte leur permet ensuite :

1) de contenir leur douleur dans des proportions raisonnables,
2) de trouver – et déjà de chercher ! – des personnes empathiques et aidantes avec qui ils peuvent partager ce qu’ils vivent,
3) de chercher des solutions pour sortir des situations de stress.

Mais comment prendre soin de nous,
maintenant, en tant qu’adultes ?

Si le danger est passé, nous pouvons nous pencher sur les situations du passé que nous avons vécues dans l’impuissance et qui provoquent encore en nous des émotions inutiles, qui nous prennent de l’énergie et peuvent nous handicaper dans des situations similaires, où, pourtant, nous pourrions réagir en adultes.

Observons ce qui se passe en nous dans une situation désagréable ou même de danger – sachant que pour un enfant, toute situation où il sent qu’il pourrait perdre l’amour de ses parents le met dans un danger vital.

Dans une situation que nous n’aimons pas ou bien où nous sentons que nous sommes en danger, nous avons tendance à nous concentrer sur la situation extérieure et non sur nos émotions à nous, en nous. Notre partie instinctive essaie de scanner dans notre environnement l’information qui peut nous être utile. Deux types de réactions peuvent être observées :

1) Nous pouvons nous tendre, mobilisant notre énergie soit pour fuir, soit pour nous battre,

2) Nous perdons notre énergie si le stress est trop intense, et nous sommes comme paralysés, incapables de bouger, de faire quoi que ce soit. Nous pouvons même nous sentir anesthésié.

Dans ce second cas, nous pouvons être bloqués, soit parce que nous n’avons pas pu dépenser, pour fuir ou combattre, l’énergie que nous avons mobilisée, parce que la situation ne nous l’a pas permis, soit parce que dès le départ nous n’avons pas pu mobiliser de l’énergie.

Ce que nous pouvons faire quand nous sommes à nouveau en sécurité est de donner l’information à notre cerveau reptilien que le danger est passé.

Comment ?

Soyez attentif à ce qui se passe dans votre corps

Soyez conscient de ce qui se passe en lui.
Laissez votre corps faire ce qu’il fait, en douceur, si possible avec l’accompagnement de personnes empathiques.
Il est possible que votre corps tremble, légèrement ou fortement ; laissez-le faire, en faisant cependant attention de ne pas être submergé par ces réactions physiques.
Dans de nombreux cas, il peut être utile de n’être attentif qu’à vos réactions physiques et pas à vos émotions.

Si vous avez envie de pleurer, pleurez. Observez où vous avez envie de crier : vous sentez des larmes venir dans vos yeux, peut-être dans votre gorge ou vos mâchoires, ou dans vos poumons ? Observez où vous sentez un éventuel soulagement si vous pleurez : est-ce moins tendu dans votre gorge ? Est-ce plus relâché, aéré dans votre tête ?
Ces descriptions ne sont absolument pas limitatives : ce ne sont que des exemples de ce que l’on peut ressentir, mais chaque personne est unique, chaque ressenti est individuel.
Si vous avez envie de crier, faites-le – en faisant attention à ne pas choquer des personnes plus vulnérables que vous, notamment des enfants. Cela peut être difficile dans ce type de situation d’être attentif à cela, mais si vous le savez à l’avance, cela peut vous aider. Et si vous ne voulez pas crier, là encore soyez attentif à ce qui se passe dans votre corps.

Être conscient de vos réactions physiques, et les observer (et pas seulement en un coup d’oeil superficiel et vague) aidera votre corps à traiter au moins une partie de ses réactions. Oui, écouter votre corps l’aidera à ne pas stocker toutes vos tensions, contractions et signaux de stress. Cela soutiendra votre processus d’auto-régulation et vous aidera à retrouver plus rapidement un état d’équilibre.

Si vous ne parvenez pas à vous concentrer suffisamment sur votre corps, pour différentes raisons, vous pouvez recourir à l’EFT – Emotion Freedom Technique, ou technique de libération émotionnelle. Cette technique consiste à tapoter quelques points spécifiques d’acupuncture sur votre corps, tout en vous concentrant sur les pensées, les émotions ou les sensations physiques désagréables.

Pourquoi est-ce que cela fonctionne ? Dans l’esprit du fondateur de la technique, l’EFT ouvre des méridiens et permet à l’énergie de circuler de nouveau de façon fluide dans le corps, rétablissant la polarité énergétique de notre organisme.
Pour ma part, je constate que l’EFT active le système parasympathique ventral, qui provoque une relaxation et élargit notre perception. Notre partie instinctive, en recevant des messages de sécurité, si l’on peut dire, enregistre l’information que le danger est passé.

L’EMDR (balayage oculaire, une stimulation bilatérale des yeux) peut avoir les mêmes effets. La méthode de « Somatic Experiencing », de Peter Levine, utilise différents moyens pour également stimuler cette partie de notre système nerveux.

Pourquoi est-ce que je préfère l’EFT ?

J’utilise également le balayage oculaire, ainsi que des techniques de la Somatic Experiencing, mais l’EFT a ma préférence pour deux raisons :
– cela peut fonctionner rapidement, et
– nous pouvons la pratiquer nous-même.

Cela ne remplace pas la psychothérapie, mais cela peut vraiment nous aider à la fois dans notre vie quotidienne, et dans des situations particulièrement stressantes. Les personnes qui font de l’auto-thérapie, quant à elles, peuvent l’intégrer dans leur pratique.

Toutes ces techniques psychocorporelles vous aident à réunir les différentes parties de vous : celles avec lesquelles vous êtes resté en contact, et celles que vous avez rejetées parce qu’elles vous faisaient souffrir et vous ne saviez pas que faire de cette souffrance.

La plupart du temps, nous essayons d’oublier nos sensations physiques, ou nos émotions. Mais parfois, nous essayons d’éviter nos pensées. Il peut en effet arriver de nous sentir coupables, honteux, dans un conflit interne douloureux.

Dans tous les cas, notre corps peut nous aider à retrouver ces parties de nous et à les intégrer. Essayez !

Valérie Joubert
Psychologue, psychothérapeute
06 95 37 60 32
4, rue de la 1ère Armée
67000 Strasbourg
(Arrêt de tram Porte de l’hôpital)
http://www.psycho-ressources.com/valerie-joubert.html
http://www.psycho-ressources.com/valerie-joubert-psychotherapist.html
Références :
Peter Levine, Réveiller le tigre, Guérir le traumatisme, 2009
Peter Levine, Guérir par-delà les mots, Comment le corps dissipe le traumatisme et restaure le bien-être, 2014
Bessel van der Kolk The body keeps the score, 1994


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