Pratique de l’hypnose et Psychothérapie : Quelles différences ?

Pratique de l’hypnose et psychothérapie:
quelles différences ?   

Contexte de la pratique de l’hypnose
et ses applications.

Nous présentons deux documents sur ce thème:
1. Avis de l’Ordre des psychologues du Québec (26 avril 2013)
2. Entente entre L’école de formation professionnelle en hypnothérapie du Québec et l’Ordre des psychologues du Québec.

1. Avis de l’Ordre des psychologues du Québec (26 avril 2013)

EXTRAIT

Mise en contexte

À l’automne 2012, on nous a demandé si la pratique de l’hypnothérapie constitue une forme de psychothérapie, considérant que plusieurs intervenants offrent, par le biais de différents médias (ex. : journaux, pages jaunes, sites web) des services d’hypnothérapie sans nécessairement être habilités à exercer la psychothérapie et sans détenir le permis de psychothérapeute. On nous demande également si l’utilisation de l’hypnose pour gérer le stress ou l’anxiété, favoriser la perte de poids, contrôler la douleur et pour aider à cesser de fumer peut être considérée comme étant de la psychothérapie.

Pour ce qui est des services d’hypnose offerts, il y a d’une part, de nombreux professionnels de la santé, dont des psychologues, des médecins et des dentistes, qui ont reçu une formation et qui l’utilisent dans le cadre de leur pratique professionnelle. D’autre part, il y a des personnes, dont nous ignorons les compétences en la matière, qui l’utilisent également pour aider à cesser de fumer, favoriser la perte de poids ou gérer le stress ou encore dans le cadre de pratiques diverses comme la massothérapie, la naturopathie, la médecine douce et les interventions basées sur la programmation neurolinguistique (PNL).

Une simple recherche sur le Web avec le mot clef « hypnothérapeute » permet de constater l’abondance et la diversité des services offerts, ce qui n’est pas sans susciter questionnement et inquiétude surtout lorsqu’on y présente l’hypnose comme une panacée, un outil de changement pour de multiples troubles mentaux et autres comme en témoigne cet exemple :

« L’hypnose est l’outil de changement le plus puissant connu dans le monde. Pour vous aider à soulager des symptômes telles les douleurs, les phobies, diminuer votre stress ou anxiété, pour régler des problèmes sexuels, pour vaincre l’insomnie, régler des problèmes de peau, vaincre vos dépendances diverses (alcool, tabagisme, jeu compulsif…) et encore bien plus, l’hypnose peut être votre alliée. Comme il s’agit de thérapies brèves, quelques rencontres suffisent pour vous aider. Nous sommes en mesure de faire avec vous des régressions afin de régler certains conflits intérieurs dus à des événements du passé qui ne sont pas terminés pour votre subconscient. (1) »

L’hypnose, l’hypnothérapie et l’exercice de la psychothérapie

Il s’agit donc de savoir si l’hypnose et l’hypnothérapie sont de la psychothérapie ou si ce sont plutôt des techniques ou méthodes d’intervention qui peuvent ou non être utilisées dans le cadre de différentes interventions, dont la psychothérapie, comme le sont l’art-thérapie, la musicothérapie et la zoothérapie (2).

Note:
(1) http://www.hypnochoix.com
(2) Voir les avis de l’Ordre des psychologues et du Conseil consultatif interdisciplinaire sur l’art-thérapie, la musicothérapie et la zoothérapie.

[…]

Conclusions

Le traitement de la douleur
L’hypnose est utilisée depuis longtemps en médecine et en dentisterie dans le but de contrôler ou de soulager la douleur (fonction analgésique de l’hypnose). Lorsque l’objectif est de soulager une douleur physique temporaire, comme dans le cadre d’une extraction dentaire ou d’une ponction lombaire, le contrôle de la douleur se limite à son aspect physiologique et il n’y aucune équivoque quant à son utilisation et à la finalité analgésique plutôt que psychothérapeutique.
L’utilisation de l’hypnose dans le traitement de la douleur chronique est plus complexe. Bien que la douleur chronique soit d’abord une condition médicale, celle-ci est multidimensionnelle puisque des facteurs psychologiques et physiologiques y sont associés. De fait, la douleur physique chronique peut générer une détresse psychologique et avoir un impact sur le fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental de la personne et sur ses relations interpersonnelles. Ce qui suit témoigne d’une finalité autre que strictement analgésique :
(…) à l’aide de suggestions hypnotiques, il est possible de modifier la perception de la douleur, de créer une analgésie hypnotique et même de diminuer les réactions émotionnelles reliées à la douleur (3).
Il existe donc une interface entre la douleur physique et la souffrance psychologique et il n’est pas possible, sans procéder à une analyse au cas par cas, de conclure sur la finalité des interventions proposées, à savoir si elles s’inscrivent ou non dans le cadre d’une psychothérapie.

La gestion du stress
L’hypnose est également utilisée afin d’aider les personnes à mieux gérer leur stress. Lorsque celle-ci vise uniquement à diminuer les réponses physiologiques en induisant un état de calme et de relaxation, l’hypnose s’inscrit dans le cadre d’une démarche visant une modification de comportements spécifiques et ciblés. Dans ce contexte précis, elle ne serait pas utilisée à des fins psychothérapeutiques.

La modification de comportements spécifiques et ciblés
L’hypnose peut être utilisée pour modifier des comportements spécifiques, ciblés et, à cette fin, son usage peut s’inscrire ou non dans le cadre d’une psychothérapie. Par exemple, on peut y avoir recours pour amener une personne à cesser de fumer ou à perdre du poids. L’on peut ici convenir qu’une personne désirant cesser de fumer ou perdre du poids ne s’engage pas dans un processus psychothérapeutique si les suggestions hypnotiques employées ne visent qu’à modifier une habitude particulière. Il pourrait toutefois en être autrement si l’intervenant s’adresse à la détresse qu’éprouve la personne en raison de sa dépendance au tabac ou de son obésité et vise des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental.

Le traitement de troubles mentaux
L’hypnose est également offerte pour traiter la dépression, les troubles anxieux et des troubles du comportement alimentaire. Dans ces cas, il est relativement aisé de conclure que l’hypnose est utilisée dans le cadre de la psychothérapie.

(3) http://www.ordrepsy.qc.ca/pdf/Psy_Qc_Mai2011_Dossier_02_Rivard.pdf

Lire l’avis complet:
Avis de l’Ordre des psychologues du Québec (26 avril 2013)
http://www.psycho-ressources.com/hypnose-avis-opq-2013.pdf

2. Entente entre L’école de formation professionnelle en hypnothérapie du Québec et l’Ordre des psychologues du Québec.

EXTRAIT

« Contexte dans lequel s’inscrit cette entente :
L’hypnose est une technique pouvant  être utilisée dans le cadre de différentes interventions, dont la psychothérapie. Depuis juin 2012, pour exercer la psychothérapie au Québec, y compris par le biais de l’hypnose, il faut être psychologue, médecin ou détenteur d’un permis de psychothérapeute.
Au moment de la signature de la présente entente, une simple recherche sur le Web avec les mots clés « hypnose » ou « hypnothérapie » permet de constater l’abondance et la diversité des services offerts. La description de certaines de ces offres peut parfois porter à confusion et laisser entendre que les services offerts constituent de la psychothérapie au sens de l’article 187.1 du Code des professions (L.R.Q., c. C-26).

L’OPQ reçoit d’ailleurs beaucoup de signalements en pratique illégale à ce sujet, d’où l’intérêt de la présente entente.

Or, s’il ne fait aucun doute que l’hypnose ou l’hypnothérapie peut être pratiquée et offerte au public par un praticien qui n’est pas psychothérapeute, il convient toutefois que les services qu’il annonce et offre au public, dans ses publicités, sur son site Web ou via d’autres forums, soient conformes à la Loi.
La présente entente vise donc à circonscrire cette façon de faire et d’encadrer le mieux possible la façon dont les services d’hypnose ou d’hypnothérapie peuvent être offerts au public, lorsqu’ils ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une psychothérapie. Il est néanmoins entendu que cette entente ne peut être interprétée et présentée comme étant la reconnaissance par l’OPQ de la compétence des personnes qui ne sont pas sous sa juridiction et qui exercent l’hypnose. » […]

Lire de document complet:
Entente entre L’école de formation professionnelle en hypnothérapie du Québec et l’Ordre des psychologues du Québec.
– – http://www.psycho-ressources.com/hypnose-entente-opq.pdf


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