Exemples d’intégration transgénérationnelle

Exemples d’intégration transgénérationnelle
Ouvrage collectif multidisciplinaire

Par Thierry Gaillard et coll. 

Ce livre innove dans la littérature « psy ». Pour la première fois, des spécialistes reconnus, venus de multiples écoles, partagent leurs expériences thérapeutiques autour du « transgénérationnel ». Ils présentent chacun une ou plusieurs thérapies où la prise en compte du transgénérationnel fut déterminante. Ces exemples permettent au grand public de se familiariser avec cette approche, et aux professionnels d’entrer dans le vif du sujet : l’apport du transgénérationnel en thérapie. 
 
Un nombre croissant d’écoles thérapeutiques reconnaissent, aujourd’hui, l’importance de ce qui se transmet entre les générations : le « transgénérationnel ». En effet, les problèmes non résolus que nous héritons inconsciemment de nos aïeux ont une influence parfois déterminante sur nos propres vies.

Cet ouvrage va à l’essentiel : le travail thérapeutique. Au-delà de leurs différences, les thérapeutes attentifs aux dynamiques transgénérationnelles partagent un même esprit de recherche qui vise à distinguer la forme du fond, à décrypter, derrière les apparences, ces histoires non terminées qui se rejouent sur plusieurs générations. Le travail thérapeutique permet d’intégrer ces héritages que nos parents auront, parfois aussi, eux-mêmes reçus de leurs aïeux. En plus de libérer le présent de ce passé qui l’encombre, ce genre de travail conduit à une meilleure connaissance de soi.

Les exemples de thérapie présentés dans cet ouvrage permettront au grand public de se familiariser avec le « transgénérationnel ». Les professionnels de la branche trouveront, pour leur part, de nouvelles et précieuses références ainsi qu’un éventail multidisciplinaire enrichissant.

Les auteurs

Elisabeth Darchis est spécialisée en psychanalyse familiale périnatale, enseignante aux Universités de Paris X Ouest Nanterre et Paris VII Diderot.
Salomon Sellam est médecin, psychothérapeute psycho-somaticien.
Florentina Keller est consultante, psychogénéalogiste et coach.
Pierre Ramaut est psychanalyste transgénérationnel.
Juliette Allais est psycho-praticienne spécialisée en analyse transgénérationnelle et jungienne.
Frédéric Godart est psychanalyste.
Thierry Gaillard est psychanalyste et consultant.

(148 pages , Ecodition 2104 , ISBN 978-2-940540-08-2)

Tous les détails:
http://www.ecodition.net/livre/exemples-dintegration-transgenerationnelle/

EXTRAIT

À notre naissance, chacun de nous rencontre un monde bien particulier, avec ses caractéristiques du moment, matérielles, psychologiques, familiales et culturelles. À cet instant, nous nous inscrivons dans une histoire commencée longtemps avant nous et qui se poursuivra bien au-delà de notre propre vie.

Comme le dit un proverbe chinois, « une génération plante des arbres à l’ombre desquels une autre génération se repose ». Mais si nos ancêtres nous transmettent le bénéfice de leurs efforts, ils nous laissent également le soin d’achever les tâches qu’ils n’auront pas terminées ainsi que les problèmes qu’ils n’auront pas résolus. Nous recevons en effet aussi l’envers de la médaille, un lot d’histoires inachevées et de vécus non intégrés susceptibles de conditionner nos propres destinées. Et, à moins d’être les enfants d’une lignée de parents parfaits, épanouis sur tous les plans, et dans une société qui ne serait pas moins parfaite, nous héritons tous, à la naissance, des histoires non terminées que nos aïeux auront refoulées, déniées, ou encore oubliées. Les analyses transgénérationnelles portent sur ces héritages, conscients et inconscients, pour les intégrer et en tirer le meilleur parti.

L’émergence du « transgénérationnel » dans divers courants thérapeutiques contemporains, ainsi qu’en épigénétique, laisse entendre qu’il existe un dénominateur commun indépendant de ce qui différencie ces disciplines. Or les phénomènes transgénérationnels et leurs lois étaient déjà connus dans l’antiquité et nous en avons de nombreux témoignages historiques. La mise en évidence du transgénérationnel n’est donc pas une découverte contemporaine. Il s’agit plutôt d’une redécouverte que d’une avancée inédite à mettre au crédit des sciences modernes. Le « transgénérationnel » n’est pas une de ces nouveautés qui ne dure que le temps d’une mode et dont on pourrait faire l’économie. Cette fois il s’agit d’autre chose, appelée à s’approfondir, permettant de résoudre quantité de difficultés dont les causes étaient jusqu’ici incomprises.

L’héritage des Anciens

Pour nous approcher d’un dénominateur commun, et donc de l’essentiel, il est utile d’élargir nos références et d’avoir une perspective multidisciplinaire. Derrière les différences qui caractérisent les écoles thérapeutiques nous retrouvons des connaissances ancestrales communes. Que pourraient-elles nous apprendre qui nous éviterait de tout devoir recommencer ? Nos ancêtres ne nous ont-ils pas laissé des enseignements que nous pourrions nous réapproprier ? La psychothérapie et la psychologie (dont l’étymologie signifie « science de l’âme »), seraient-elles les seules disciplines qui n’auraient presque plus de liens explicites avec les sagesses anciennes et les savoirs traditionnels ? Il serait peut-être temps de reconsidérer cet héritage à sa juste valeur. Face aux milliers d’années d’histoire des mathématiques, de l’astronomie, de la physique, de la médecine, de la philosophie, peut-on vraiment limiter la psychologie à son petit siècle d’existence académique et « scientifique » ? Au-delà des résistances de l’égo, l’expérience thérapeutique, l’interprétation de l’inconscient, la mythanalyse, la Daseinanalyse et les analyses transgénérationnelles, nous invitent à renouer avec l’histoire oubliée d’une science de la psyché qui remonte à la nuit des temps.

Pour introduire cet ouvrage collectif multidisciplinaire, quoi de plus indiqué que de rappeler ces anciennes références (traditionnelles). Le recul qu’offre la perspective historique nous ouvre l’horizon pour mieux apprécier la diversité des langages qui se réfèrent au transgénérationnel. Au-delà des différences dans les approches contemporaines, ces références ancestrales proposent encore d’autres discours et d’autres manières de distinguer la forme du fond. Elles nous aident à comprendre les phénomènes transgénérationnels, leurs importances et les règles auxquelles ils obéissent.

Déjà les premières traditions chamaniques sacralisaient le rapport aux origines, aux forces de la nature, et cultivaient la filiation clanique et le rapport aux ancêtres. Dans la Bible nous trouvons de nombreux passages qui mentionnent la transmission d’héritages transgénérationnels. Dans le livre de Job (8.8) l’on peut lire : « Interroge ceux des générations passées, sois attentif à l’expérience de leurs pères. Car nous sommes d’hier, et nous ne savons rien. » Une métaphore connue évoque cette loi de la vie selon laquelle les enfants héritent des conséquences des actions de leurs parents : « les pères ont mangé des raisins verts et les dents des fils en ont été agacées ». Dans l’Illiade de Homère nous trouvons aussi des références à ces héritages transgénérationnels qui semblaient être bien présents dans la conscience collective. Et par exemple, les anciens Grecs parlaient d’une até pour désigner la malédiction qui frappe les héritiers dont les aïeux se seraient mal conduits.

D’anciennes traditions égyptiennes et des textes sacrés font référence à ces lois portant sur les transmissions transgénérationnelles, et, plus généralement, sur l’importance des liens de filiation aux aïeux et aux lieux d’origine. À l’époque, chaque personne était référée à sa filiation et à ses ancêtres dont l’histoire permettait d’identifier la lignée, la ville ou la région d’origine. Cette mémoire avait une fonction préventive pour les nouvelles générations, conscientes de leurs héritages. Celui qui a fait siennes ses origines, qui connaît l’histoire de ses ancêtres, pose sur le monde un regard plus lucide.

Le rapport aux origines

Dans l’antiquité la connaissance de soi était indissociable de la connaissance de ses origines, jusqu’à remonter vers une source de vie originelle, celle divine ou celle du « Big Bang » comme le diraient les scientifiques d’aujourd’hui. N’oublions pas que si nous sommes les enfants de nos parents, et qu’eux-mêmes furent les enfants de leurs parents, nous sommes surtout, et avant tout, les enfants de la vie elle-même – quel que soit le langage employé pour en rendre compte, scientifique, spirituel ou encore mythologique avec ses références au ciel-père et à la terre-mère. En intégrant nos héritages transgénérationnels nous nous rapprochons de nos origines, c’est-à-dire des forces vitales qui s’en dégagent. Dans une telle perspective, de « reconnexion » avec ces forces de vie originaires (auxquelles le chamanisme d’aujourd’hui continue à se référer), le travail d’intégration transgénérationnelle apparaît aussi comme un développement personnel, en tant que soi authentique, ou, autrement dit, en tant que sujet pour reprendre un terme consacré en psychanalyse. »

Thierry Gaillard est membre de Psycho-Ressources:
http://www.psycho-ressources.com/thierry-gaillard.html

Tous les détails sur l’ouvrage:
http://www.ecodition.net/livre/exemples-dintegration-transgenerationnelle/


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