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Joyce Aïn
Psychothérapeute Relaxateur Psychanalyste Membre de la Société Psychanalytique de Paris
La Source - 26 Chemin Bessayre, Saint-Jean, France, 31240
Téléphone : 00 335 61 74 23 74
Joyce AÏN : 40 rue d"Aubuisson, TOULOUSE, France, 31000
Téléphone : 05 61 74 23 74
 Courriel: joyce.ain@free.fr   Site web: www.carmed.fr

Psycho-Textes
La violence des mots

En ouverture de ce livre qui rend compte du dernier Carrefour Violences Chaudes, Violences froides, j'ai pensé important de reprendre, un peu, pour la retracer, au moment où elle s'achève, en echo avec la mienne, la notre l'histoire de notre Association Carrefours & Médiations, qui fêtait cette année 2010, les 25 ans des Carrefours Toulousains. Ces manifestations avaient l'originalité de faire de chaque participant, lors de son inscription, un "adhérent" pour cette année en cours... Adhérer ça signifie aussi partager une manière de penser et accepter d'écouter la pensée de l'autre, même si on en discute le point de vue. Cela implique, donc, d'échanger plus que des mots...

Et ce n'est pas par hasard, si, après notre émouvant Carrefours Réminiscences de l'an 2009, le titre de ce Carrefour "Violences chaudes violences froides", se soit imposé, suggéré par un collègue éminent, René Roussillon Membre Titulaire Formateur de la Société Psychanalytique de Paris: son intérêt pour ce sujet venant appuyer celui de Bernard Golse ainsi que celui de Gérard Bonnet, tous deux membres de l'Association Psychanalytique de France, et cette reconnaissance du sérieux de notre travail depuis toutes ces années est une grande fierté pour moi

Cette aventure exaltante avait commencé comme dans la joie d'un premier "enfant": le Carrefour Naissances en 1985, dans les superbes et si précieuses à Jacques salles de l'Hôtel St Jean à Toulouse... Confrontation impromptue entre des conceptions diamétralement opposées de spécialistes de la naissance.. Un peu comme le furent toutes notre vie à Jacques et moi, les conceptions de l'éducation des enfants) Mais, alors dans la profondeur du film de Frédéric Leboyer "Shantala", accompagnée par la chaleur de la main de Frans Veldman avec l'haptonomie, les capacités d'imagination de Varenka et Olivier Marc, l'écoute incomparable de Maurice Titran… Ensuite avec le Carrefour "Adolescences", c'était comme "rentrer dans le rang" de la théorisation psychanalytique "officielle": nous étions très honorés d'écouter d'éminents professeurs tous de la Société Psychanalytique de Paris... Claude Balier, Marc Babonneau, Jean Bégoin, Bernard Brusset, Raymond Cahn, Boris Cyrulnik, Gilbert Diatkine, Philippe Gutton, Paul Israël, François Kamel, Paulette Letarte, Daniel Rosé, Rémy Puyuelo, Henri Sztulman, et Stanislaw Tomkiewicz… entre de multiples autres 

Puis les Carrefours se sont succédés, en écho, chaque fois, avec une étape de notre vie… Le Carrefour "Souffrances" suivi du Carrefour Violences qui, malgré le vécu personnel douloureux de cette année, nous ouvrit une porte sur la liberté d'expression que nous semblions avoir trouvé avec des orateurs comme Guy Gilbert capable d'une grande violence libératoire dans les mots... Mais "Violences" n'est pas un mot anodin, c'est un mot qui tue ! et on ne sait pas toujours bien comment ni quand… 

Cette liberté là, nous l'avons payée, toutes les années qui ont suivi, par des entraves, des lâchages ou des calomnies… Années où, certes, les thèmes des Carrefours "Errances" et Survivances", étaient plus subtils tout en s'ouvrant toujours plus largement aux confrontations pluridisciplinaires.... Les "représailles" se sont étendues jusqu'aux conflits du Carrefour "Passions" de l'An 2000… Car les mots les plus violents sont bien plus corrosifs au sein d'une même famille et encore plus destructeurs entre les membres d'une même Société scientifique... 
Malgré ces attaques, et ces blessures, pourtant, le nouveau Millénaire nous apportait des thèmes de plus en plus riches et variés, et nos adhérents nous suivaient, toujours plus nombreux, dans notre désir de "Transmissions", à travers les "Résonances", "Dépendances", "Perversions", Identités", "Familles" pour une apogée avec "Résiliences" réunissant, près de 1000 participants, venus écouter, des intervenants célèbres, de "tous bords", mais authentiques et impliqués tels que Boris Cyrulnik, Maurice Corcos, Bernard Golse, Philippe Gutton, Sylvain Missonnier, Gérard Pirlot et Serge Tisseron… Des intervenants devenus presque des amis… Alors, avec une tonalité un peu nostalgique, sinon mélancolique, (comme une sorte de pressentiment ?) s'est imposé à nous le thème des "Réminiscences, entre mémoire et oubli", avec à nouveau Boris Cyrulnik et Bernard Golse…

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- http://www.psycho-ressources.com/bibli/violence-verbale.html


De Bernard GOLSE à Joyce la Rebelle

Bien que Joyce AÏN m’ait demandé de rédiger la préface de ce nouveau recueil qui donne accès au contenu du XVIIème Carrefour Toulousain qui s'est tenu en octobre 2010 sur le formidable thème : « Violences chaudes, violences froides », pour une fois j’ai décidé de lui désobéir, et c’est ce que j’ai fait, résolument, en ne me livrant pas à l’exercice d’une préface plus ou moins conventionnelle.

Désobéissance ô combien affectueuse, bien sûr ! Ce devoir de désobéissance s’est imposé à moi pour plusieurs raisons.

D’une part, parce que son très beau texte sur « La violence des mots » offre au lecteur une rétrospective efficace et fort intéressante de l’ensemble de ces dix-sept carrefours qui sont devenus, peu à peu, une sorte « d’institution » vivante pour des rencontres et pour des réflexions entre de nombreux professionnels de l’enfance, des soignants de la psychè, et bien d’autres encore.

D’autre part, parce que les textes qui composent cet ouvrage, sont suffisamment parlants par eux-mêmes, sans qu’il soit besoin de les présenter ou de les annoncer de manière plus ou moins classique et finalement redondante.

Enfin et surtout, parce que les ennuis de santé de Joyce et de Jacques qui sont bien connus de tous, nous ont tous profondément marqués et qu’ils m’imposent d’écrire quelque chose qui soit du côté de la vie, et non pas du côté d’un certain académisme figé.

Joyce est une rebelle, ce qu’elle met elle-même en lien avec son départ douloureux de son pays d’origine. Sans doute a-t-elle raison, au moins partiellement, et mon propos n’est pas de me livrer, ici, à une approche psychanalytique sauvage de tout un parcours fait de révolte, de franchise et de liberté. Je n’en ai ni la possibilité, ni surtout le désir. Je voudrais seulement dire à Joyce, au travers de ces quelques lignes, qu’il en va de la révolte comme de la violence : la révolte peut être chaude ou froide !

Tout peut d’ailleurs être chaud ou froid, car tout peut être du côté de la vie ou du côté de la mort … même la mort ! Si la psychanalyse m’importe tant, c’est précisément parce qu’elle m’a fait comprendre l’importance (fondamentale et fondatrice) du conflit ambivalentiel primaire, c’est-à-dire du conflit entre pulsions de vie et pulsions de mort. A. Green ne parle-t-il pas de narcissisme de vie et de narcissisme de mort, F. Palacio-Espasa ne parle-t-il pas de dépressions de vie et de dépressions de mort ?  Les thèmes des dix-sept carrefours auraient d’ailleurs pu, sans doute, tous, être déclinés selon cette dialectique particulière.

Mais la révolte, la rébellion de Joyce, contrairement à ce que je viens de dire, est à mes yeux l’exception qui confirme la règle : c’est une rébellion qui se joue uniquement du côté de la vie, et c’est en quoi elle a été si créative pour elle-même et pour nous tous.

Ainsi donc, la vie professionnelle de Joyce échapperait au diktat du conflit entre pulsions de vie et pulsions de mort ?  Aussitôt que j’écris ceci et que le pense, aussitôt cela ne convient pas, bien entendu !

Joyce est fondamentalement humaine, et donc elle aussi, comme chacun d’entre nous, se trouve aux prises avec cette dynamique conflictuelle qui n’épargne rien ni personne.

Mais s’il y a, nécessairement, de la violence dans sa révolte, c’est une violence fondamentale, une violence pour vivre, et qui ne cherche à détruire personne. Une violence d’ouverture qui a permis aux Carrefours Toulousains de s’offrir à tous comme un espace de liberté de pensée extrêmement précieux, ce que je n’ai eu de cesse de répéter au fil de mes différentes interventions dans ce cadre.

Une violence plus proche de la « violence fondamentale » (J. Bergeret) que de la destructivité, soit une violence chaude plus qu’une violence froide…

Merci à Joyce d’avoir su, ainsi, transformer sa violence intime en violence de vie, car nous en profitons tous, et nous voulons tous continuer à en profiter.

Primo Lévi  nous a montré, tragiquement, comment il y avait violence chaque fois que l’autre, par quelque moyen que ce soit, suscitait en nous la honte d’être un homme. Là est la violence froide, la violence de mort.

Les personnes comme Joyce nous introduisent, au contraire, à la violence de vie, à la violence chaude, celle qui nous rend fier d’être humain.  Cela ne se fait pas toujours dans la douceur, il y faut beaucoup de force et d’énergie. Se savoir humain nous fait parfois violence, mais il n’y a pas de liberté et de réveil sans sursaut.

Joyce et les Carrefours nous offrent inlassablement ce type de sursaut délicieux.  Un grand merci pour tout ceci.


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